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Forget or forgive ?

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 Nouvelle : Louise

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Jiao-Lan
Hirondelle mais trop sa mère, quoi !
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MessageSujet: Nouvelle : Louise   Jeu 24 Nov - 11:36

J'ai brodée cette nouvelle (elle est un peu longue, excusez-moi) d'après le récit d'une vieille dame amie de ma grand-mère. Cela fait longtemps que j'avais envie d'écrire son histoire. J'y suis enfin arrivée. Cette nouvelle me tient à cœur, j'espère qu'elle vous plaira et j'ai hâte de vos retours.

JL





Lucenay-l'Évêque, le 07 décembre 1983.

Yolande, ma très chère fille,

Comme tu le sais, après quarante-cinq ans de vie commune, Gaston a décidé de me laisser seule. Je l’ai enterré avec bienveillance, car même si ton beau-père m’a donné bien des raisons de pleurer en ce presque demi-siècle, il m’a aussi donné beaucoup de raisons de sourire. Je crois qu’il a enfin trouvé la paix. Ces derniers temps, il parlait plus à notre vieux pommier qu’à la femme qui a porté ses quatre enfants. Ainsi va la vie, elle est parfois dure, mais il faut la vivre.

T’ai-je dis que Maître Coquempot m’a fait une offre très intéressante pour la maison et les terres ? Je dois aller à son étude jeudi. Antoine, tu sais le fils de Berthe, a proposé de m’y emmener. J’espère que mes pauvres jambes seront d’accord. Comment est le temps par chez toi ? Ici, j’ai déjà rallumé le poêle à mazout, le vent d’Est est rude cette année. J’ai peur que les premières neiges arrivent en avance. Noël approche déjà, comme le temps passe vite ! Je sais que tu n’aimes pas quand je parle ainsi, mais j’ai la crainte de ne pas avoir le temps de tout régler. Dire qu’en mars prochain, je vais devenir arrière-grand-mère ! Je n’arrive pas à réaliser. Quand j’ai dit ça à madame Larmoise, cette vieille chouette m’a rétorqué : « Vous nous enterrerez tous, ma bonne Louise ! » Ses yeux disaient le contraire. Si elle pense que le morceau de vraie croix du Christ qu’elle a acheté 200 francs sur son catalogue de vente par correspondance me fichera dans le trou avant elle, elle se fiche le doigt dans l’œil. Des clous ! Je l’enterrerai, la Monique, dussé-je devenir centenaire. Cochon qui s’en dédit !

Je raconte des bêtises et le temps passe. Il faut que je me dépêche de mettre mes affaires en ordre, l'hiver souffle déjà son haleine glacée à l'intérieur de la maison. C’est tant de travail et je suis déjà si fatiguée. J’aurais pu demander à tes frères de venir m’aider, mais tu me connais, je n’en fais qu’à ma tête, et j’ai toujours réglé les choses importantes seule.

Il faut que je te dise.

Hier, en rangeant le débarras, je suis tombée sur une chose dont j’avais complètement oublié l’existence. Mon vieux journal intime du temps de mes années d’orphelinat. Je ne te cache pas le coup au cœur que cela m’a occasionné. Je croyais l’avoir perdu lors de notre déménagement en 1958. Il était là, au fond d’un carton, avec sa couverture bleue délavée et mon écriture de jeune fille sur l’étiquette. J’ai eu l’impression de reconnaître au milieu d’une foule un ami que je croyais mort.
Alors je me suis assise, un peu ébranlée par cette retrouvaille inattendue. Je crois que j’ai pleuré comme une gamine en le serrant sur mon cœur. Minouche a dû le sentir, elle est venue se lover contre mes jambes en ronronnant. Quand je me suis penchée pour la caresser, une photographie s’est échappée des pages pour glisser au sol.

Un portrait daté de décembre 1941.

1941, mon Dieu…

En ce temps-là, j’avais encore la taille mince, la poitrine fière, ronde et pleine, et les yeux qui répondaient aux sourires des hommes dans la rue. En ce temps-là, mon fourneau n’avait pas le temps de refroidir.

Je croyais avoir tout oublié. C’est revenu comme le soleil d'avril sur les gelées de mon âme, ça a balayé cinquante ans de givre.

Mon petit cœur, te souviens-tu de notre chanson, « Toujours le printemps revient » ? Tu la chantais pendant que je te donnais ton bain. Tu lui ressembles tellement…

Ce n’est pas dimanche, mais je vais m’autoriser un doigt de porto. Peut-être même deux. Le docteur Duvernois n’est pas là pour me voir. Si tu savais ce qu’il m’agace à me traiter comme si j’avais connu Christophe Colomb en personne. Je ne suis pas malade, que diable, je suis simplement vieille !

Je vais boire ce petit verre en relisant ces pages jaunies. Me replonger dans cette lointaine période de ma vie. Un temps que j’ai déjà radoté des centaines de fois quand tu étais petite, mais je ne t’ai jamais raconté l’essentiel.

Je t’embrasse très fort, ma petite fille chérie.

Ta maman qui t'aime.


* * *


Je cachette l’enveloppe avant de m’essuyer les yeux. Je rechausse mes lunettes. Les doigts tremblants et impatients, avec une crainte quasi religieuse, j’ouvre mon vieux journal.


Mars 1937

Je suis Louise Vandenbussche.
Je suis pensionnaire de l’orphelinat de Saint-Bertin depuis la mort de ma mère en 1919. J’avais onze ans. Elle a été emportée par la grippe espagnole. Mon père, lui, est tombé au Chemins des Dames, un éclat d’obus lui arraché la tête. C’est mieux ainsi, elle ne lui servait plus de toute façon. Ce qu’il me reste d’eux tient dans une boîte en bois : une poupée de laine, un bracelet de cuivre, une rose des sables, un crucifix, et des rubans de dentelle. C’est peu, mais j’attache à ces maigres trésors une importance telle, que la lourdeur des souvenirs emprisonnés m’oblige à faire des efforts pour poser la boîte sur ma paillasse quand j’ai envie de les contempler.

Je partage ma chambre avec Jeanne-Amélie, une petite blonde qui zozote et se masturbe tous les soirs avant de sangloter dans son oreiller. Il y aussi Rachel, une fille rousse affligée d’un bec-de-lièvre, que sa mère a abandonnée un soir d’hiver 1907 devant la porte d’une église. Rachel n’a jamais rien connu d’autre que l’orphelinat. Elle passe son temps à déambuler sans bruit, une faculté qu’elle a élevée au rang de vertu. Entre mes deux camarades de chambrée, c’est un peu le mariage de la carpe et du lapin, en dehors des convenances usuelles, elles ne se parlent guère. Elles se livrent un peu plus quand l’une des deux est seule en ma présence. Monsieur Perronet, le directeur de Saint-Bertin, dit que ma langue est souvent empesée de silences, mais qu’en revanche, je suis une très bonne oreille et que je fais attention aux choses que l’on me confie. Ici, l’on me nomme "la bizarre" ou "la cérébrale". Je ne le prends pas mal, et je n'ai pas de problèmes majeurs avec les autres filles. Cependant, je n'ai jamais su me faire une véritable amie en ces murs. À part Thérèse, mais la tuberculose me l’a arrachée il y a trois ans.

Ne croyez pas pour autant que je sois malheureuse.

Le personnel de l’orphelinat est plutôt gentil avec moi, hormis sœur Marie-Lucien qui s’occupe de la cantine, une vraie peste noire en cornette de diable. J’ai trouvé en ces lieux mon havre de paix : la bibliothèque. J’en dévore les volumes d’une soif inextinguible avec une prédilection pour les œuvres germaniques du XVIIIème siècle, notamment Les Souffrances du jeune Werther de Goethe que je relis au moins une fois par mois. Ces mots sont comme les notes qu'égrenait ma mère autrefois sur le clavier de notre vieux piano. Dostoïevski, Kafka, Schiller, Gorki, je les avale tous comme autant de petites symphonies en lettres majeures. L’évasion de la gangue boueuse. Grâce à ces milliers de pages, j'ai passé toutes ces années à l’orphelinat sans heurts notables. Ces grands maîtres m’ont donné envie d’écrire ce journal.

* * *

Mai 1937

Le père Garel, l’aumônier, nous enseigne les rudiments de la religion catholique : la prière matinale, les dévotions au coucher, à égrener un chapelet, les règles d’obéissance au Seigneur, la pureté, l’honnêteté, la miséricorde, etc. J’ai une bible dans mon tiroir. Il m’arrive d’en lire quelques lignes le soir, une fois Jeanne-Amélie calmée. Il y a des choses qui me plaisent. Pas toutes. Mais certaines paroles réchauffent le cœur, car ce matin, il fait une température anormalement basse pour la saison. La brume a envahi la campagne audomaroise. De la fenêtre, c’est à peine si je distingue le vieil hêtre biscornu de la cour de l’orphelinat. J’entends Jeanne-Amélie qui pleurniche derrière moi.
— Ça va ?
— Ze sais pas.
— C’est le brouillard qui te fait peur ?
— Peut-être. Ze crois…
— Tu veux un câlin ?
— Z’ai zamais essayé...
Je la prends dans mes bras et caresse ses cheveux pour la rassurer. Ils sont très fins. Elle tremble comme un lapin apeuré.
— Ça va mieux ?
— Oui...
— Ça te plairait que je te prête un livre où tu pourrais apprendre plein de mots nouveaux ?
— Ze sais pas lire.
— Je t’apprendrai. Allez, mets tes galoches et ton tablier de charge, il faut descendre pour les travaux.

Dès le redoux, tous les mardis, nous partons aux champs à l’aube pour les corvées d’arrachage des pommes de terre, le ramassage des petits pois et des betteraves. Quelques filles sont désignées pour s’occuper du tressage des oignons et des aulx. Monsieur Boquillon, le jardinier, est un homme bon et plaisant. En hiver, quand j’ai un peu de temps libre, je viens souvent le retrouver dans les serres. Lui non plus ne sait pas lire, alors je lui narre des passages d’Anna Karénine et de L’Idiot. En échange, il m’apprend à casser les noix avec le poing, me donne quelques sucreries, ou me dispense de la corvée de ramassage du petit bois pour les fourneaux.

Ce soir, je me retrouve avec Rachel pour la corvée de soupe. Des kilos de carottes, de choux et de pommes de terre à éplucher et couper en morceaux. Nous finissons, les mains rouges et le dos en compote.
— Rachel, t’as des cigarettes ?
— Hon !
Elle sort un paquet tout aplati de Tigra. Nous allons les fumer dans l’arrière-salle des cuisines, près des poubelles. Incrédule, je regarde à la petite fenêtre, je vois des choses tomber lentement du ciel.
— Rachel ?
— Hon ?
— Il neige… au mois de mai !
— Hon !
— C’est beau la neige.
— Ouais. Ce sont des sortilèges qui voltigent dans l’air.
La cigarette tombe de ma bouche sous l’effet de la surprise.


* * *

Juin 1937

Nous avons une nouvelle pensionnaire depuis quelques semaines. Cela attise toujours la curiosité. Surtout la mienne qui n’a rien à envier à celle du souriceau intrépide. Grâce à mon aptitude à me faufiler partout, j’ai pu lire son dossier sur le bureau de monsieur Perronet, lorsque tout le monde était à la gymnastique. J’en suis exemptée, j’ai simulé un mal de genoux en prétextant être tombée dans les escaliers.

Le dossier dit qu’elle est socialement inadaptée au monde dans lequel elle vit, déficiente mentale et anorexique.

Anorexique, je l’ai trouvé dans le grand Larousse illustré à la bibliothèque.  Du grec ancien : ἀνορεξία, absence de désir. Symptôme qui correspond à la perte de l'appétit. C’est vrai qu’elle n’est pas grosse, la pauvrette, mais quand je la regarde marcher parmi les autres, j’ai le sentiment qu'elle a moins souffert de la malnutrition que de la solitude dans le ventre de sa mère. Elle reste toujours à l’écart. J’ai vu quelques filles plus intrépides que moi essayer de lui parler, elle s’est contentée de hocher la tête docilement, sans barguigner. Après sa bagarre avec sœur Marie-Lucien qui voulait la faire manger de force, et les trois jours d’isolement que cela lui a valu, toutes ont fui sa présence. Ce ne sont plus que brèves œillades, qui de gêne, qui de mépris, le plus souvent d’indifférence. Elle est devenue la « cinglée », celle que l'on évite soigneusement. Pour le coup, peut-être a-t-elle la paix qu'elle désire. Et moi, encore plus de curiosité à son sujet. Alors j'observe l'étrange fille, j'épie, je cherche à percer ce qui pourrait se trouver derrière cet abîme opaque. J'aimerais la comprendre.


* * *


Juillet 1937

L’été est enfin arrivé.
C’est une belle fin d’après-midi. Le soleil pose de longues ombres sur les murs du bâtiment principal et fait ressortir les silhouettes altières des peupliers qui bordent l’allée de terre battue. Je suis assise sur un banc, absorbée à tresser des pâquerettes en essayant de calmer mes nerfs mis à rude épreuve par les surveillantes qui ont fouillé le colis que ma tante Zénobie m'a envoyé, saccageant impunément des choses fragiles. Je ligote les délicates fleurettes en imaginant les étrangler toutes autant qu'elles sont. Je suis en train d’achever de tout broyer dans ma paume, lorsque je vois la fille sortir de la bibliothèque et remonter l’allée, ses brodequins soulevant des fantômes de poussière derrière ses pas indolents. Je lève légèrement le bras pour attirer son attention. « Ne jamais effrayer un petit animal farouche au bord de son terrier, dit monsieur Boquillon. Elle se fige. Longtemps. Je ne bouge pas. Elle bifurque vers moi et s'assoit au bout du banc.
— Louise Vandenbussche, dis-je en tendant ma main.
Elle la serre mais ne dit rien. Elle sort une cigarette toute tordue de sa blouse et l'allume.
— Parle.
Interloquée, je la dévisage. Elle demeure impassible, la fumée de sa cigarette s'échappe de son nez en nuages hermétiques. Si je veux parler ? Oui, mais pour dire quoi ?  
En cours de français, Sœur Madeleine nous a appris que les mots véhiculaient le langage de la pensée, mais qu’ils mourraient aussi de se taire. Alors j’entreprends de lui raconter ma courte et piteuse vie. Les mots jaillissent comme l’eau d’un bief éventré, je n'ai aucune prise sur eux. J’imagine que cela ne doit avoir ni queue ni tête, pourtant pas une seule fois elle ne me coupe. Elle tète sa cigarette en m’observant sans ciller. Dans cet impénétrable regard, je trouve une invitation qui m’encourage à poursuivre ma laborieuse biographie. Elle est encore loin d'être achevée lorsque la cloche du réfectoire retentit. La fille se lève.
— Apolline, dit-elle. Chambre 302, après le couvre-feu.
Elle s'en va, me laissant aussi perplexe que confuse. Je crois que cette mystérieuse fille vient de gâcher ma précieuse solitude et pourtant je lui en sais gré.

Tout en tournant ma cuillère de bois dans une soupe figée, après bien des tergiversations mentales, je finis par me décider. Je monte à pas de loup dans l’obscurité pour ne pas alerter la surveillante de nuit. Je me faufile jusqu’au second niveau du bâtiment dortoir, là où les filles réputées « difficiles » sont logées dans des chambres seules, pour aller doucement gratter à l’huis de la 302. Apolline entrebâille et me fait entrer en me signifiant de garder le silence. Tandis que je prends place au bout du lit, intimidée, elle allume une bougie et vient s’asseoir face à moi.
— Parle encore, mais doucement, la bécasse d’à-côté est une moucharde.
— Je ne peux m'empêcher de pouffer. Je crois que j'aime déjà ce parler sans détour. Je reprends l’histoire de ma vie où je l’avais laissée sur le banc. Apolline n’ouvre pas la bouche jusqu’à ce que je termine ma narration fort tard dans la nuit, les joues inondées. Toujours sans rien dire, elle me tend un mouchoir. J’essuie mes yeux. Le silence se fait dans la carrée. Puis elle se met à parler.

Elle a un drôle d’accent traînant, comme si les consonnes avaient pour charge de tirer les voyelles récalcitrantes sans y parvenir tout à fait. Quand je l’écoute, ça me donne l’impression de mordre dans une nourriture qui ne livre ses saveurs qu’après coup. J’aime ça. L’histoire de sa vie est bien pire que la mienne. Orpheline à cinq ans, battue par sa famille d'accueil, abusée sexuellement à onze, elle avait passé une partie de sa jeunesse dans les rues de Lille, se prostituant ou poussant la goualante pour quelques piécettes, jusqu'à ce qu'une bagarre entre apaches et argousins ne l'amène ici. Elle avait mordu et arraché la moitié de l'oreille d'un maréchal des logis.

Ici et aujourd'hui, ses journées s’écoulent, analogues, au rythme des tranquillisants qu'on lui administre et de ses séjours récurrents à l’infirmerie. Sa vie se décline entre les brusques pulsions d'autodestruction, les montées d’anxiété, le déni, la difficulté de se concentrer sur les tâches banales de la vie quotidienne, les sautes d’humeur constantes, les insomnies et les journées interminables avec cette impression d’être disloquée, jetée aux quatre vents. Faute à l’impossibilité de ne pas être, c’est épuisant que de se trouver constamment sur le qui-vive.
Je ne sais quoi lui dire, son récit m’a glacé la langue et ligoté le cœur. Apolline se lève et me désigne la sortie.
— Allez, sauve-toi, il est l’heure d’aller retrouver le marchand de sable ! Et tâche de ne pas trop cogiter...
— Tu crois vraiment que je pourrai m’en empêcher ? murmuré-je en refermant lentement sa porte.

Je reste un moment les yeux rivés sur les veines du bois comme pour chercher dans les dessins complexes des réponses à toutes les questions du monde. L’espace d’un instant fugitif, j’ai une envie presque irrésistible d’y toquer de nouveau pour la supplier de me garder avec elle cette nuit. Mais hors de question de passer pour une poule mouillée. Pas ici. Je redescends l’escalier et tout commence à tournoyer dans ma tête fatiguée. Mon estomac vide joue de l'accordéon, les murs se mettent à osciller. Je n’ai plus aucune force dans les jambes et je dois me raccrocher à la rampe d’escalier. Par un fenestron du couloir, j’aperçois les nuages s’en aller vers l’est, poussés par une brise vigoureuse. Comme pour me rasséréner, une unique étoile s’allume dans le ciel, suspendue au nord. Un mince espoir, une chandelle dans une crypte obscure, une étoile de minuit. Et mon cœur s’embrase de la voir si lointaine et si fragile, mais forte à la fois de sa charge de messagère qui annonce les grands bouleversements à venir. Je ressens ce fol espoir qui me susurre que tout pourrait enfin changer pour moi, et regagnant ma chambre, je m’endors avec un sourire insondable sur les lèvres et le mouchoir qu’elle m’a donné contre ma joue. Je crois que j'ai enfin une amie.

* * *

Septembre1937

Apolline a une véritable passion pour l’astronomie. Souvent quand la nuit est propice aux clartés stellaires, elle m’apprend à reconnaître les constellations. La Grande Ourse qui ressemble à une casserole, Cassiopée en forme de W qui permet de trouver à coup sûr l’étoile polaire, Orion qui évoque un nœud papillon, et tous ces petits trous d’aiguille dans le rideau de la nuit. Le problème, c’est que je ne retiens jamais rien. Le docteur Lacharnais, qui vient nous examiner tous les premiers samedi du mois, dit que je fais de la délectation amnésique, je me plais à oublier tout ce qui m’encombre. Peut-être a-t-il raison. Peu importe. Le docteur Lacharnais est plutôt gentil avec nous. Mais je n’aime pas quand il nous soupèse les seins. Le père Garel m’a un jour demandé si le docteur n’avait pas eu de gestes déplacés portant atteinte à ma pudeur. J’ai secoué négativement la tête. Je ne sais pas si j’ai bien agi.

* * *

Juin 1938

C'est une torride soirée de printemps. Nous nous tenons dans la chambre d’Apolline. Nous n’avons pas dû échanger plus de dix mots depuis le matin. Une tension a épaissi l’atmosphère ces derniers jours car l’année touche à sa fin et les pensionnaires qui ont atteint leur majorité civile – les grandes – vont être relâchées dans la nature pour suivre leur propre chemin. Ce qui est notre cas, et implique que nous allons devoir bientôt nous séparer. Apolline se déplace jusqu’à l’étroite fenêtre aux carreaux ternes. Une pleine lune montante vogue par-delà les bois. Soudainement, elle tend la main à travers les barreaux et la referme prestement.
— Je l’ai eu ! dit-elle en se retournant avec un air de mystère dans les yeux.
— Quoi ?
— Approche-toi et regarde !
Elle déplie ses doigts et sa paume blanche parait lumineuse sous le disque lunaire.
— Je ne vois rien…
Elle soupire.
— Pourtant j’ai attrapé un rayon de lune pour te l’offrir, fillette, et toi tu ne vois rien !
Apolline prend ma main pour la poser sur son cœur.
— Tu sens ?
Elle n’a presque pas de seins. Comme un garçon. Je me sens étreinte d’une violente émotion. Tenir le cœur de mon amie dans ma main, c’est à la fois singulier, licencieux et sensuel. En cet instant, si fugitif et pourtant si absolu, plus rien n’a d’importance. Entre deux battements de cœur, le silence dans le silence.
— Il bat trop vite…
Une larme fugitive perle sous ses yeux sombres. Une chose que j’aurais crue impossible venant de cette fille en acier trempé. J’ôte ma main de sa poitrine pour récolter avec la délicatesse du diamantaire la goutte qui s’est perdue sur l’arête du nez. Je dois me faire violence pour ne pas lécher mon doigt.
— Pourquoi es-tu si triste ?
— Tu ne devines pas ?
Un silence beaucoup trop long, je suis à deux doigts de la panique incontrôlable.
— Si… Mais on va s’écrire… Tu… Tu vas aller où ?
— À Paris, je pense. Peut-être m’installer chez des connaissances, un moment, avant de réfléchir à ce que je pourrais bien faire de ma vie.
— Je n’ai pas vraiment envie d’aller vivre chez ma tante, lâché-je en baissant les yeux vers mes mains.
Apolline s’essuie les joues et m’offre un de ses précieux sourires.
— Tu n’as qu’à venir avec moi.
Je me trouve tellement surprise par la proposition que je suis incapable de dire un mot. Elle se méprend sur la signification de mon silence.
— Peu importe. Depuis ma venue en ce monde, j’ai passé mes jours dans la grisaille de l’absence… Celle d’un père et d’une mère, celle de frères et sœurs, et bientôt la tienne, alors…
Elle s'interrompt, se lève, et ouvre le tiroir de sa table de nuit duquel elle sort un petit cahier rouge.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Mon cahier de poésies.
— Je ne savais pas que tu écrivais.
— Il y encore beaucoup de choses de moi que tu ne sais pas. Voilà ce que j’ai écrit pour toi, fillette : Je ne sais si tant de confusions dans ton esprit te font encore penser que je ne suis qu’un simple fantôme, mais il faudra que tu te souviennes que je suis et je resterai toujours celle qui veut saisir les rayons de lune et les cheveux des comètes pour t’en faire présent.
— Apolline, je...

— Je n'ai pas fini… Mes rêves sont de l’or fondu sous tes paupières ; mes envies, un fleuve qui se perd entre tes rives, j’avance en somnambule à l’abri de tes ombres pour cueillir les fruits bleus de tes yeux.
Elle referme son cahier et le lance au bout du lit comme l’on se débarrasse d’une maladie honteuse. Je demeure silencieuse comme une tombe, malgré les milliers de pensées et d’étoiles filantes qui me traversent la tête, tant de choses que j'aurais aimé pouvoir lui dire, les graver en lettres de feu sur sa peau. Et surtout ces trois petits mots, tellement galvaudés dans les pages des romans sentimentaux, mais horriblement difficiles à exprimer avec le cœur... Au prix d’un effort immense, un tout petit filet de voix réussit à franchir mes lèvres.
— Je ne suis pas douée pour exprimer mes sentiments par la parole, mais je ne supporterai pas de te perdre, Apolline, j’ai mal rien qu’à y penser… Alors, si tu veux bien de moi, emmène-moi…
La main d’Apolline se porte à mon visage et écarte les mèches qui tombent devant mes yeux. Je lui rends son regard. Elle a le visage livide, décoloré comme celui d'une mourante. Ses yeux habituellement si noirs ont viré au gris, et pourtant ils brillent comme deux fanaux dans le brouillard. Elle laisse glisser sa main le long de ma joue avec une douceur quasi maternelle.
— Tu es sûre de ce que c’est ce que tu veux, p’tite tête ?
— Je ne sais jamais ce que je veux.
— Si je t’embarque avec moi, prépare-toi à ne pas savoir de quoi les lendemains seront faits.
— Je m’en fiche ! Je crois que mon problème est de ne jamais regarder plus haut que je ne peux voir.
— Cela viendra en vieillissant.
— J’ai beau essayer, je n’ai pas cette facilité que tu as de parler de l’essentiel, de te mettre à nu, je donnerais cher pour connaître ton secret.
— Il n’y en a pas. Je ne donne jamais moins aux gens que ce que je m’autorise à moi-même.
— Je tâcherai de m’en souvenir.
— Je vais t’y aider…
Plus tard, étroitement enlacée à moi, exténuée, Apolline glissera une chose à mon oreille que j’ai gardée en mémoire depuis.
« À force d’oubli, tu es revenue à toi. »

* * *

Je referme le journal et je me souviens.
Notre route ensemble se poursuivra pendant quelques mois. D'une vie de bâton de chaise, sans savoir de quoi chaque jour sera fait. Après notre sortie de Saint-Bertin, nous sommes montées faire la vie à Paris. Toute la pension de veuve de guerre de maman y est passée. Mais je ne le regrette pas. Qu’est-ce que nous avons ri ! Puis il y eut la guerre. Nous fûmes recueillies par Madame Hortense, une sainte femme. En 1942, Apolline est tombée amoureuse d’un soldat en permission. Il s’appelait Hans Muller. Il devait rejoindre bientôt le front de l’Est. Il était anxieux, car l’un de ses camarades lui avait raconté que c’était l’enfer et la barbarie, que les hommes de troupe étaient drogués à la Pervitine, que les Russes sciaient les jambes gelées des blessés Allemands pour s’emparer de leurs bottes, qu’on apprenait à combattre une idéologie, pas des hommes, que les règles usuelles du code de la guerre n’étaient pas appliquées, que les divisions SS à la tête de mort et les Ukrainiens qui suivaient la Wehrmacht, ratissaient, brûlaient et pillaient tout sur leur passage, violaient femmes et enfants avant de les tuer. Le Führer avait promis des terres à l’Est pour chaque soldat ayant combattu en Union Soviétique. Hans n’y croyait pas. Nous l’avons caché jusqu’en 1943, avant que la Gestapo ne mette la main sur lui. (À l’heure où j’écris ces mots, je souhaite sincèrement que Hans ne repose pas sous une croix anonyme quelque part dans l’immensité de la terre soviétique.) Apolline était enceinte. Elle accoucha en janvier 1944. Un jour de mars 1944, elle disparut sans explications. Nous étions pourtant très bien entretenues chez Madame Hortense. Les clients étaient gentils et généreux. Au fond de moi, ce n’était pas une surprise. J’ai toujours su que cela arriverait. Je crois que sa fleur avait fanée d’être trop partagée. Elle a laissé son enfant derrière elle, également, Apolline ne s’est jamais encombrée.

Aujourd’hui; je suis une grand-mère respectable, mais quand je relis ce journal, j’ai l’impression d’avoir encore dix-huit ans. Le temps est une créature furtive, personne ne la voit passer, et pourtant ses morsures sont mortelles. Je regarde avec étonnement le lacis de veines bleues que sont devenus mes bras. Ca ne devrait pas être, mon cœur est encore celui d’une midinette.

Je ne sais pas ce qu’est devenue Apolline, ni même si elle est encore en vie. Mais il ne se passera plus une journée sans qu'elle n’accapare mes pensées. J’en fais mon devoir de mémoire. Ne m’a-t-elle pas laissé le plus beau cadeau du monde en disparaissant ?

Je vais vendre cette maison et retourner vivre dans le Pas de Calais, là où mon cœur est resté. Je veux revoir les brumes de Clairmarais et me promener le long du canal. En dépit d’y avoir passé quarante ans, je ne me suis jamais habituée au climat du Morvan.

Ma vieille tête m’égare, je ne sais plus ce que j’allais faire…

Ah oui, je dois écrire à Yolande et lui envoyer ce journal ainsi que le portrait d’Apolline, il est temps qu’elle sache qui était sa mère.

Je vais pouvoir désormais songer à mourir apaisée, parce qu’à force d’oubli, je suis revenue à moi…


Dernière édition par Jiao-Lan le Ven 25 Nov - 16:48, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Jeu 24 Nov - 18:40

Spoiler:
 

Très sympa ta nouvelle, et originale. J'aime bien quand les temps se croisent, s'enchevêtrent, ainsi que tu as su le faire avec Brio et son copain Talent. J'ai appris quelques mots dont fenestron.
Donc, si j'ai bien compris, c'est une histoire vraie ?
Le moment - nécessaire - qui m'a un peu sortie, c'est les événements de la guerre.
J'ai beaucoup aimé ces présents du ciel que fait Apolline. < d'ailleurs, j'aime ce prénom aussi.

fleur
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Jiao-Lan
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Jeu 24 Nov - 19:07

Mie a écrit:
< arrivée à la fin de ta nouvelle, je me suis demandée pourquoi tu parlais d'un beau-père. C'est son père qui est mort, non ? interro (ou alors j'ai rien compris ! Laughing Ce qui est possible)

Son père c'était le soldat allemand caché au bordel Wink

Mie a écrit:
En ce temps-là, mon fourneau n’avait pas le temps de refroidir. < c'est cosson ? pig

C'est cosson...  pig  pig  pig

Mie a écrit:
suis pensionnaire de l’orphelinat de Saint-Bertin depuis la mort de ma mère en 1919. J’avais onze ans. < ça lui fait 29 ans, là !!  

J'ai dû merdouiller dans les dates  Embarassed Faut que je demande à ma GM

Mie a écrit:
< des chambres seules ? scratch

Voui, ça existait pour certaines qualifiées de dangereuses.

Voui, c'est une histoire vraie à la base Smile Je l'ai romancée et ajouté des touches personnelles.
merci pour toutes tes corrections et ton oeil avisé !

fleur calin
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Jeu 24 Nov - 19:28

Oui, mais la fille ne connaît pas cet allemand, puisqu'elle ne connait pas non plus l'existence de Apolline qui est sa mère. Alors pourquoi celle qu'elle prend pour sa mère lui parle de son "beau-père" ? Sa fille ne connait que sa mère, et donc son mari mort, qui est supposé être son père.
Tu comprends ? scratch

Ahhhhh, une "chambre 1 personne", on dit "chambre seule" ??  Je ne connaissais pas. C'est débile, c'est pas la chambre qui est seule, c'est la personne qui est dedans. scratch
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Jiao-Lan
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Jeu 24 Nov - 19:35

La fille de Louise a connu son beau-père à quatre ans, elle sait que ce n'est pas son vrai père, je crois que Louise lui avait dit que ce dernier était mort pendant la guerre.

Oui c'est n'importe quoi pour la chambre, on dit une chambre simple je crois^^
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Jeu 24 Nov - 19:37

Citation :
La fille de Louise a connu son beau-père à quatre ans, elle sait que ce n'est pas son vrai père, je crois que Louise lui avait dit que ce dernier était mort pendant la guerre.

Bah ne devrais-tu pas le préciser dans ta nouvelle ? Parce que si j'ai tiqué, d'autres tiqueront. bisouclin
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Jiao-Lan
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Jeu 24 Nov - 19:37

D'accord, je vais essayer de glisser ça quelque part fleur
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Ven 25 Nov - 15:39

Citation :
Je dois aller à son étude jeudi,
point

Citation :
Dire qu’en mars prochain, je vais devenir arrière-grand-mère.
point d'exclamation

Citation :
telle, que
pas de virgule

Citation :
Il y aussi
Il y a aussi

Citation :
Les Souffrances du jeune Werther
en italique

Citation :
Z’ai jamais essayé...
si elle zozotte le j : zamais

Citation :
le grand Larousse illustré
Le Grand Larousse illustré

Citation :
elle a moins souffert de la malnutrition que de la solitude dans le ventre de sa mère
Sad je ne te savais pas si fine psychologue, toi Wink

Citation :
qui voulait la faire manger de force, et les trois jours d’isolement que cela lui a valu
Evil or Very Mad

Citation :
« Ne jamais effrayer un petit animal farouche au bord de son terrier
referme tes guillemets

Citation :
Elle tète sa cigarette
tu es vraiment une fine psychologue toi Wink

Citation :
jusqu'à ce qu'une bagarre entre apaches et argousins ne l'amène ici
enlève le ne

Citation :
au rythme des tranquillisants qu'on lui administre
Evil or Very Mad

Citation :
Crois-tu que je puisse m’en empêcher
ça m semble pas du tout réaliste cette façon de parler
Tu crois (vraiment) que je pourrai m’en empêcher ?

Citation :
Je reste un moment
va à la ligne

Citation :
Mais je n’aime pas quand il nous soupèse les seins.
Evil or Very Mad

Citation :
Apolline prend ma main pour la poser sur son cœur. « Tu sens ?
Elle n’a presque pas de seins,
Apolline prend ma main pour la poser sur son cœur.
– Tu sens ?
Elle n’a presque pas de seins,

Citation :
pour récolter avec la délicatesse du diamantaire
Surprised coeur1

Citation :
Mes rêves sont de l’or fondu sous tes paupières ; mes envies, un fleuve qui se perd entre tes rives, j’avance en somnambule à l’abri de tes ombres pour cueillir les fruits bleus de tes yeux.
coeur3

Citation :
Plus tard, étroitement enlacées, exténuées, Apolline glissera
Plus tard, étroitement enlacée à moi, exténuée, Apolline glissera

Citation :
Morvan

où ça ? (curiosité perso)

oh la fin... j'en avais les larmes aux yeux Sad

ton histoire m'a refait pensé à un film irlandais sur un orphelinat qui m'avait secouée, elle m'a assez remuée ton histoire. ça me touche ces thèmes d'abandon et de souffrance.

tu sais que tu peux être d'un trash comme dans ta nouvelle érotique et d'une délicatesse comme ici, grand écart qui me mystifie ? drunken

ton Louise à la place de Van dans ton autre texte, c'était un lapsus révélateur ? tu en es la réincarnation ? Wink
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Jiao-Lan
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Ven 25 Nov - 16:23

T'arrives encore à trouver des trucs après la passoire @Mie... Vous êtes incroyables ! coeur1

Je suis super contente que tu aies aimé ce texte, comme je l'ai dit il me tient beaucoup à coeur... Je sais pas pourquoi, mais j'aime les vieux, j'aime écouter les histoires des vieux et des vieilles... Et quand j'ai rencontrée Louise cet été chez ma grand-mère, j'ai halluciné de son histoire, on a passé tout l'après-midi a en parler. ça m'a carrément tourneboulé l'esprit... Et je lui ai demandé si je pouvais l'écrire... Elle m'a dit oui, vas-y. J'attends l'avis de ma grand-mère, si elle le trouve bien, je l'enverrai à Louise pour savoir si ça lui plait Smile

J'ai vraiment tripé en l'écrivant, pour une fois que je me mettais à la place de quelqu'un d'autre, ça m'a carrément imprégnée, c'était bizarre....

fleur

Pour le Morvan, c'est Lucenay-l'Évêque. M'en demande pas plus je n'ai jamais fichu les pieds dans cette région^^
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Ven 25 Nov - 21:49

Toute ma famille maternelle vient du Morvan sur des générations et des générations, alors j'ai tiqué...
Félicitations encore, elle est tellement belle cette histoire.
Moi aussi j'aime les histoires de vieux. Quand je vois ma grand-mère, qui m'énerve prodigieusement par ailleurs, je lui demande tout le temps de parler de sa jeunesse, et là, on passe un bon moment...
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MessageSujet: Re: Nouvelle : Louise   Sam 26 Nov - 6:03

Cécile a écrit:
Toute ma famille maternelle vient du Morvan sur des générations et des générations, alors j'ai tiqué...
Félicitations encore, elle est tellement belle cette histoire.
Moi aussi j'aime les histoires de vieux. Quand je vois ma grand-mère, qui m'énerve prodigieusement par ailleurs, je lui demande tout le temps de parler de sa jeunesse, et là, on passe un bon moment...

C'est une source inépuisable d'inspiration pour moi les vieux. Toutes les anecdotes qu'ils me racontent me servent beaucoup dans mes écrits, je suis un comme Perceval dans Kaamelott, je mets des vieux partout mrgreen

https://www.youtube.com/watch?v=KnsG3XxkxxM
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